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Panier


Rémi Guerrin

Né en 1962 à lille, Remi Guerrin suit des études de photographie à l’institut Saint-Luc à Tournai (Belgique) puis il travaille dans les ateliers de Jean-Pierre et Claudine Sudre ainsi que Denis Brihat dans le Vaucluse. Cet apprentissage au sein de ces prestigieux laboratoires photographiques lui permet de perfectionner la technique du tirage qu’il considère lés lors comme une étape importante du processus de fabrication des images.
Remi Guerrin affirme une totale liberté à l’égard des sujets et des techniques qu’il emploie. Pratiquant le tirage argentique noir et blanc, il n’hésite pas à rompre cette homogénéité et utilise, des procédés primitifs tels que la gomme bichromatée, le tirage au charbon et le cyanotype.  Découvertes à l’occasion de sa rencontre avec Nancy Wilson-Pajic, ces techniques sont devenues pour lui une composante essentielle de son travail. Il ne s’agit pas d’un simple effet de style : précises, minutieuses, ces photographies sont attentives à d’infimes détails, brindilles, cailloux, matières irrégulières rendues visibles par des lumières rasantes ; tous ces éléments qui seraient dissous dans l’opacité grisâtre d’un tirage argentique prennent ici, par l’utilisation de ces procédés, une place importante.
Rémi Guerrin : « Toucher terre »
Le projet de Rémi Guerrin « Droit à la mer » se situe dans une ligne de recherche que l’artiste explore depuis longtemps ; c’est tout naturellement que ce projet fait écho à votre appel concernant les enjeux écologiques actuels. Lors de ses déplacements, de ses voyages et de ses explorations le long de son littoral natal, ailleurs en France ou dans le monde, l’artiste observe les paysages et les relations que les femmes et les hommes entretiennent avec eux.
La qualité indéniable de ses prises de vues et de ses tirages résiste à la tentation du romantisme car sa démarche est documentaire. Il utilise sa chambre photographique pour incorporer ses points de vue dans une pratique quasi artisanale : en résulte un corpus d’images qui se complètent au fur et au mesure du temps, le long des sentiers et des distances parcourus. C’est l’œuvre d’une vie qui se réalise en cohérence avec les évolutions de la société.
Marchant dans le paysage, il est bouleversé par ce littoral qui porte les traces de ce qu’il appelle une « présence-absence » ou encore le « silence et le cri ». Ainsi ses photographies évoquent la complexité du littoral en tant qu’espace sensible dans lequel se déposent des indices d’une histoire géologique, géographique et sociale. A l’échelle de son exploration d’une durée de plusieurs années, les tirages de Rémi Guerrin montrent, grâce à une variété de procédés, les matières minérales et végétales usées par le vent et les vagues. Les dunes et les falaises rongées par la mer font écho aux traces laissées par la présence fugitive des hommes et des femmes exilés dans ce territoire, ce refuge temporaire.

Dans son dernier livre La nécessité du paysage, Jean-Marc Besse évoque : « Placés dans les paysages et en relations multiples et constantes avec eux, les sociétés humaines agissent d’une part sur les paysages et d’autre part avec eux. ». Il me semble que dans ce présent projet, la pratique de Rémi Guerrin propose d’agir avec le paysage. Non seulement d’en être l’empreinte visuelle mais aussi sensible, presque tactile. Il accordera une attention particulière aux espaces, relevant des détails et créera sans doute un témoignage riche à partir duquel nous serions peut-être invités à questionner notre rôle dans la transformation d’un monde où « toucher terre » n’a plus la même signification qu’autrefois.
Pia Viewing
Commissaire chercheur au Jeu de Paume
29 novembre 2020